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Le barrage de Mauvoisin est un gigantesque ouvrage hydroélectrique situé à 1 971 mètres d’altitude tout au fond du Val de Bagnes, dans le canton du Valais. Construit entre 1951 et 1958, puis surélevé en 1991, ce mastodonte de béton s’élève à 250 mètres de haut, ce qui en fait le plus haut barrage-voûte d’Europe occidentale et le deuxième plus haut barrage de Suisse. Le lac de retenue accumule jusqu’à 211 millions de m³ d’eau issus de la fonte des glaciers environnants, fournissant une énergie précieuse gérée par les Forces Motrices de Mauvoisin.
Sur le plan touristique, le site impressionne par son atmosphère sauvage et alpine, marquée par les chutes d’eau majestueuses du glacier du Giétro qui se jettent directement dans le lac. Un sentier didactique permet aux promeneurs d’accéder au couronnement de l’ouvrage en traversant une ancienne galerie de roche de 392 mètres, parsemée de panneaux retraçant l’histoire de la construction et les catastrophes naturelles liées aux débâcles historiques du glacier. Le panorama depuis la crête offre une vue vertigineuse sur le fond de la vallée d’un côté et sur les reflets changeants du lac de l’autre.
Le pied du barrage de Mauvoisin.

Pour les adeptes de randonnée et de cyclisme, la région constitue un point de départ idéal pour la haute montagne. Les cyclistes aguerris peuvent se mesurer à l’ascension exigeante de 19 kilomètres depuis Le Châble avec des pentes atteignant 9 % par endroits. Les randonneurs peuvent quant à eux s’élancer le long de la rive droite à travers des tunnels creusés dans la roche pour rejoindre les monuments historiques des Écuries du Giétro, s’élever jusqu’au col de Tsofeiret ou poursuivre leur trekking vers la mythique cabane alpine de Chanrion.
L’hôtel de Mauvoisin est le point de départ de l’accès à pied au barrage. Cet hôtel est construit en 1863, près de 100 ans avant le barrage.
L’hôtel de Mauvoisin, point de départ de l’accès à pied au barrage de Mauvoisin.

La chapelle de Mauvoisin. À côté de celle-ci, on peut observer des fortins, petits ouvrages militaires datant des années 1930, qui auraient permis de lutter contre une invasion venue de l’Italie par la fenêtre de Durand.

Pour accéder au sommet du barrage, on monte à pied par la route de service sur 2 km et 1/2 heure entre les altitudes de 1841 m et 1971 m. Le départ de la montée se situe à Mauvoisin, en contrebas de la chapelle qui date du XIVᵉ siècle et qui fut probablement transformée à partir d’une tour de vigie.
Peu après, des panneaux indicateurs donnent des informations sur la construction du barrage avec des photos de l’époque. La montée se poursuit le long de la route puis on entre dans une galerie en forte montée où l’on peut également voir quelques informations sur le barrage. La galerie débouche sur le tunnel de la route menant à la couronne du barrage. Celle-ci est longue de 520 mètres et large de 12 mètres.
Il est à noter que le hameau de Mauvoisin n’est pas accessible en tout temps, le route peut rester fermée 6 mois au niveau de Fionnay en raison de l’enneigement et du risque d’avalanche. Comme pour les autres barrages alpins, le niveau minimal de la retenue est en avril et le maximum en septembre, moment pendant lequel la retenue d’eau est la plus impressionnante.
La hauteur du barrage est très impressionnante, de même que le surplomb dû à la finesse de son épaisseur à sa base (53 mètres tout de même) en raison de sa structure en voûte On peut observer la vue sur le val de Bagnes d’un côté et de l’autre, le lac de Mauvoisin et les montagnes dont les glaciers apportent l’eau au barrage.
L’arrivée au couronnement du barrage depuis la route souterraine.

Le couronnement du barrage de Mauvoisin.

Le couronnement du barrage de Mauvoisin.

Le couronnement du barrage depuis le flanc ouest du lac.

La vue depuis le couronnement en direction du lac de Mauvoisin.

La vue depuis le couronnement en direction aval.

Le tour du lac de barrage de Mauvoisin à partir de l’hôtel de Mauvoisin permet d’admirer le Mont-Blanc de Cheilon et le Grand-Combin, 2 montagnes bien connues autour du lac de Mauvoisin, mais aussi les lacs de montagne de Tsofeiret et de Chanrion.
La randonnée est longue de 22,2 km pour 8 heures de marche et un dénivelé positif de 924 m. Il est possible de revenir à Mauvoisin depuis Chanrion par un sentier parallèle à celui existant sur la carte, mais plus en hauteur. Dans ce cas, la longueur est augmentée à 25 km pour 9 h 30 de marche.
Il est possible de séparer la randonnée en deux étapes avec une halte à la cabane de Chanrion.
Le tour du lac de Mauvoisin. Photo : maps.valais.ch

Le chemin du tour du lac de Mauvoisin avec deux chemins possibles pour revenir depuis la cabane de Chanrion. chemin 2 : environ 8 heures, chemin 3 : environ 9 h 30 de marche. Photo : chanrion.ch

La cabane de Chanrion avec la maison en pierre construite en 1938 et l’annexe en 2020. Photo : cas-sas.ch

Un désastre s’abat en 1818 et fait 44 morts lorsque des blocs du glacier du Gietroz tombent dans le lit de la Dranse et en obstruent l’écoulement. Le lac formé d’une hauteur de 60 mètres finit par faire sauter le barrage de glace malgré l’intervention d’ingénieurs qui le font vider partiellement en creusant une tranchée. En 2018, une exposition est présentée au musée de Bagnes pour les 200 ans de la catastrophe.
Un dessin près de l’hôtel de Mauvoisin montrant le glacier du Gietroz obstruant l’écoulement de la rivière avant la catastrophe.

Le barrage de Mauvoisin est le 2e plus haut de Suisse après celui de la Grande-Dixence. Il est construit, comme la majorité des autres barrages en Suisse, au milieu du 20ᵉ siècle, de 1951 à 1958, date de son entrée en service. Il est rehaussé entre 1989 et 1991 de 13 mètres pour accroitre le volume d’eau du lac qui a maintenant une superficie de 2,08 km² pour un volume de 211 millions de mètres cubes.
Le barrage de la Grande Dixence.

Le volume de béton est de 2 millions de mètres cubes, 3 fois moins que la Grande-Dixence en raison de sa forme type “voûte” moins consommatrice en béton. Le barrage en voûte permet de dévier la pression de l’eau sur les parois de la montagne, tandis que le barrage type “poids” comme la Grande-Dixence, plus large, permet au barrage seul d’encaisser la pression. Le volume de béton reste tout de même très impressionnant comparé au barrage de Montsalvens avec 100 x plus de béton pour une hauteur de 5 x supérieure.
Le barrage de Mauvoisin interrompt la rivière Dranse de Bagnes et appartient aux Forces Motrices de Mauvoisin SA qui gèrent quatre centrales hydroélectriques. Ces dernières ont une puissance cumulée de 400 MW pour une production annuelle de 700 GWh.
Un résumé du système hydraulique relatif au barrage de Mauvoisin avec les apports en eau et les usines électriques.

Il est intéressant de noter que le lac des Dix formé par le barrage de la Grande-Dixence est seulement séparé de 5 km à voile d’oiseau du barrage de Mauvoisin. La montagne “Le Pleureur” à 3704 mètres sépare les 2 lacs. Le lac des Dix reçoit de l’eau très loin à l’est jusqu’à Zermatt via un système de stations de pompage et de collecteurs pour un bassin de 420 km², tandis que le Lac de Mauvoisin reçoit son eau principalement de son bassin versant direct par l’intermédiaire de grands glaciers. Son bassin versant total est de 167 km², dont 114 km² de bassin naturel. De l’eau est injectée à plusieurs endroits dans la conduite entre Fionnay et Champsec, portant le bassin versant total des centrales de Mauvoisin à 198 km².
La centrale souterraine de Chanrion, située en amont du barrage au niveau de l’extrémité est du couronnement. Elle reçoit l’eau provenant d’un collecteur amenant les eaux de glaciers en altitude. L’eau arrive dans la centrale après une chute de 350 m sur une turbine Pelton double à la vitesse de 5 m³/s pour chacun des 2 injecteurs. Elle produit une puissance de 28 MW. L’eau après turbinage s’écoule dans le barrage.
Le bord est du barrage de Mauvoisin.

Une conduite forcée sort du barrage et part en direction de la centrale souterraine de Fionnay, située à 1492 mètres d’altitude et d’une puissance de 138 MW. Elle est constituée de 3 turbines Francis avec 3 injecteurs à 11,5 m³/seconde. La chute d’eau depuis le barrage varie en fonction du niveau de ce dernier et est d’environ 400 mètres. L’eau ressort dans le premier bassin de compensation de Fionnay, côté est de la route de Fionnay. À noter le deuxième bassin de compensation visible depuis la route, côté Ouest, qui reçoit les eaux venant de la Grande-Dixence qui sont turbinées par une autre centrale souterraine à Fionnay. Les deux bassins ne communiquent pas entre eux.
L’extérieur de la centrale de Fionnay-Mauvoisin. Sur la gauche, la Dranse de Bagnes.

L’extérieur de la centrale de Fionnay-Mauvoisin.

L’extérieur de la centrale de Fionnay-Mauvoisin.

Une ancienne turbine Francis exposée devant l’usine de Fionnay-Mauvoisin.

Très belle image depuis le chemin qui monte au lac de Louvie. Sur la gauche, le bassin de compensation de l’usine de Mauvoisin. Sur la droite, le bassin de compensation de la Grande-Dixence.
Depuis Fionnay, une conduite forcée amène l’eau vers la centrale de Riddes/Écône (478 m) dans la vallée du Rhône et une autre conduite part en direction de la centrale de Champsec située à 903 mètres le long de la rivière Dranse de Bagnes. La centrale de Riddes/Écône développe une puissance de 225 MW et est composée de 5 groupes de turbines Pelton double injectant de l’eau à la vitesse de 2,8 m³/s pour chacun des 10 injecteurs. L’eau turbinée s’écoule dans le Rhône et la différence de hauteur avec Fionnay est de 1000 mètres.
L’usine de Riddes/Écône dans la vallée du Rhône.

Les conduites forcées qui rentrent dans l’usine.

Vue sur l’entier de la conduite forcée menant à l’usine de Riddes depuis Ovronnaz.

La centrale de Champsec reçoit les eaux de Fionnay avec une chute d’eau de 550 mètres. Des sources d’eau supplémentaires sont apportées à la conduite d’amenée entre Fionnay et Champsec. L’eau turbinée part dans la Dranse de Bagnes.
L’usine de Champsec avec la conduite forcée qui se sépare en deux pour alimenter les 2 turbines Pelton.

Une vidéo sur le barrage de Mauvoisin.
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