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Le barrage de la Grande Dixence, situé au fond du val des Dix en Valais, détient le titre de plus haut barrage-poids du monde avec ses 285 mètres de hauteur. Construite entre 1950 et 1961 dans la commune d’Hérémence, cette immense muraille de béton retient les eaux de fonte de 35 glaciers valaisans. Son poids total dépasse les 15 millions de tonnes, ce qui en fait une infrastructure plus lourde que la grande pyramide de Khéops.
Le pied du barrage de la Grande Dixence dans la commune d’Hérémence.

Ce géant de l’hydroélectricité joue un rôle stratégique majeur dans l’approvisionnement énergétique de la Suisse. Grâce à son vaste réseau d’usines souterraines, le complexe produit à lui seul environ 20 % de l’énergie d’accumulation du pays. L’électricité générée par la force de ses eaux permet d’alimenter l’équivalent de 500 000 ménages suisses chaque année.
En période estivale, le site se transforme en une destination touristique très prisée pour les amateurs de grands espaces et de sensations fortes. Les visiteurs peuvent emprunter un téléphérique pour atteindre le sommet du mur, explorer l’intérieur de la structure lors de visites guidées, ou s’élancer sur la tyrolienne AlpinLine. Les sentiers pédestres qui bordent le lac des Dix offrent également de magnifiques parcours de randonnée au cœur des Alpes.
La retenue formée par le barrage : le lac des Dix.

Il est très fortement recommandé de réserver par internet sa visite guidée de l’intérieur de l’ouvrage en prenant un billet combiné avec le téléphérique qui permet d’accéder au couronnement du barrage.
Une galerie à l’intérieur du barrage lors de la visite guidée.

Voir la webcam au sommet du barrage.
Une vidéo courte sur le barrage de la Grande Dixence. (Cliquez sur le titre pour le mode plein écran)
Le barrage de la Grande Dixence, situé au fond du Val d’Hérens en Valais, est facilement accessible en voiture en suivant l’autoroute A9 jusqu’à la sortie Sion-Est. Il suffit ensuite de prendre la direction d’Hérémence, puis de remonter tout le Val des Dix par une route de montagne sinueuse mais entièrement goudronnée, ouverte généralement de juin à octobre, jusqu’au grand parking gratuit situé au pied de l’immense mur de béton.
Le barrage visible depuis la route venant d’Hérémance.

Pour les voyageurs utilisant les transports publics, l’accès se fait depuis la gare ferroviaire de Sion, où des liaisons régulières en car postal ou en navettes régionales (lignes de la compagnie Theytaz Excursions) permettent de rejoindre directement le site pendant la saison estivale. Le trajet, qui dure environ 45 minutes à travers des paysages alpins spectaculaires, dépose les visiteurs au pied du complexe, juste à côté du pavillon d’accueil et des commodités.
Un car de la société “Theytaz” au pied du barrage.

La route d’accès au barrage a également subi d’importantes coulées de boue et de matériaux à la Combe de Bajin. Bien que la route ait été déblayée et rouverte par la commune, les infrastructures d’accueil et les abords immédiats du barrage font l’objet d’une surveillance accrue et de limitations d’accès pour garantir la sécurité du public.
Les parkings du barrage de la Grande Dixence se situent au lieu-dit « Le Chargeur », directement au pied de l’immense mur de béton. Aménagés en terrasses de montagne, ils sont entièrement gratuits pour les visiteurs à la journée.
Le parking le plus proche de la zone d’accueil.

À la suite du détachement de près de 5 000 m³ de roches de la falaise surplombant directement la zone, la commune d’Hérémence a dû condamner et sécuriser certaines parties du stationnement au pied du mur afin de protéger les visiteurs contre d’éventuelles chutes de pierres résiduelles.
Les parkings sur le gauche de l’image.

La zone d’accueil comprend plusieurs bâtiments en dessous du barrage dans la zone dite du “Chargeur“.
Un plan des bâtiments de la zone du chargeur.

La réception permet d’acheter son billet pour la visite guidée à l’intérieur du barrage ainsi qu’un billet combiné visite du barrage de la Grande Dixence et téléphérique. C’est aussi un point d’information et le rendez-vous du départ de la visite guidée.
L’Hôtel-Restaurant du barrage, historiquement surnommé « Le Ritz » par les ouvriers, est un bâtiment au style industriel typique des années 1950 niché à 2 160 mètres d’altitude au pied du mythique barrage de la Grande Dixence en Valais. Construit en 1954 pour loger le personnel du chantier du plus haut barrage-poids du monde, l’édifice doit son nom ironique à l’austérité de sa structure en béton, contrastant avec le célèbre palace. Aujourd’hui classé monument historique, cet établissement authentique est généralement ouvert de début juin à fin octobre et constitue une halte incontournable pour les randonneurs de la Haute Route.
Côté prestations, le café-restaurant propose une cuisine conviviale mettant à l’honneur le terroir valaisan et des spécialités de montagne à déguster en salle ou sur sa terrasse panoramique. La partie hôtelière dispose d’une soixantaine de chambres récemment modernisées, offrant un confort fonctionnel tout en préservant le cachet d’époque unique du site. Idéalement situé, l’établissement permet d’accéder facilement au couronnement du barrage, à ses galeries intérieures ainsi qu’aux sentiers de randonnée environnants.
L’hôtel du barrage de la Grande-Dixence

La terrasse du restaurant et café.

La vue depuis le côté amont sur l’hôtel et le val d’Héremence. Sur la droite, la plateforme pour les hélicoptères. En hiver, le personnel qui occupe l’hôtel peut rejoindre le barrage sans sortir, par des galeries souterraines.

Aménagé au pied du plus haut barrage-poids du monde, le pavillon recrée l’atmosphère brute et confinée des galeries souterraines. Ses teintes sombres et ses éclairages ciblés plongent immédiatement les visiteurs dans l’univers de la roche et du béton.
Le pavillon d’exposition au premier plan.

L’exposition retrace le chantier titanesque des années 1950 à travers des maquettes, des photos d’époque et des films d’archives. Elle rend un vibrant hommage aux milliers d’ouvriers qui ont bâti ce géant des Alpes.
Le difficile travail des ouvriers en 1953.

Une photo de la construction en 1955.

En accès libre, cet espace ludique explique le rôle énergétique crucial de la Grande Dixence pour la Suisse. C’est également le point de rendez-vous incontournable pour s’inscrire et débuter la visite guidée à l’intérieur même du mur du barrage.
La chronologie des événements depuis le début du 20ᵉ siècle.

Le film “Opération béton” (mauvaise qualité de son).
La station inférieure du téléphérique permet de rejoindre sans effort le sommet du barrage de la Grande-Dixence. Voir les détails du téléphérique.
Un bouquetin, fréquent dans les environs, à côté de la station inférieure du téléphérique.

La station inférieure du téléphérique et le pavillon d’information.

Située de manière spectaculaire au lieu-dit « Le Chargeur », au pied même du gigantesque mur de béton, la chapelle Saint-Jean est le témoin historique du site. Construite en 1931 à l’initiative de Jean Landry lors de l’édification du tout premier barrage de la Dixence (aujourd’hui submergé), cette modeste bâtisse en pierres naturelles du pays offre un contraste visuel saisissant avec l’immensité de l’ouvrage moderne.
Durant le chantier titanesque des années 1950, l’édifice a été restauré et placé sous la protection de la Vierge sous le nom de Notre-Dame des Chantiers. Elle servait alors de refuge spirituel aux 3 000 ouvriers qui s’y recueillaient lors des messes dominicales. Clin d’œil à cette épopée humaine, la cloche de la chapelle porte toujours la maxime gravée du poète Virgile : « Labor improbus omnia vincit » (Un travail acharné vient à bout de tout).
La chapelle Saint-Jean aux couleurs automnales.

La visite guidée de la Grande Dixence propose une immersion d’environ 1 h 15 au cœur du plus haut barrage-poids du monde, en plongeant les visiteurs dans ses galeries souterraines fraîches à 10 °C à travers un parcours guidé qui retrace l’histoire de ce chantier titanesque.
La visite guidée seule, à réserver, coûte 10 francs par adulte et 6 francs par enfant, mais il est vivement recommandé d’opter pour le billet combiné avec le téléphérique à 16 francs par adulte et 10 francs par enfant qui permet d’accéder au couronnement sans devoir marcher 45 minutes pour un dénivelé positif de 250 mètres.
La visite guidée à l’intérieur du barrage s’articule autour des étapes suivantes :
Au début de la visite guidée, les visiteurs se réunissent impérativement devant le pavillon d’information, situé tout au pied du barrage. C’est à cet endroit que le guide accueille les participants, contrôle les e-tickets et forme le groupe (limité à un maximum de 30 personnes par session pour des raisons de sécurité dans les galeries).
Le pavillon d’information, point de départ de la visite guidée.

Le ou la guide rappelle les conditions particulières de l’exploration souterraine. Il insiste notamment sur l’importance d’avoir des habits chauds et de bonnes chaussures de marche. La température intérieure est autour de 10°C toute l’année.
Le début de la visite commence par la montée du pavillon d’information jusqu’au pied du barrage.
Le sentier serpente en montée.

Le passage par la chapelle St-Jean construite pour les ouvriers du chantier. Voir les détails sur la chapelle.

La magnifique vue sur le barrage juste avant d’arriver à la galerie de service.

On arrive à une galerie souterraine parallèle au barrage qui permet de voir la conduite qui mène à l’usine du Bieudron ainsi que des panneaux d’informations commentés par le guide.
L’entrée de la galerie de service.

Les panneaux d’affichage et infographies retracent l’histoire titanesque du chantier des années 1950. Ils détaillent le réseau complexe de captage d’eau (35 glaciers connectés à travers le Valais) ainsi que le schéma des 32 kilomètres de galeries internes de surveillance.
Les panneaux d’informations de la galerie de service.

La conduite forcée de Bieudron est l’un des éléments visuels les plus impressionnants de cette section. C’est cette conduite qui achemine l’eau sous une pression phénoménale (une chute verticale de près de 1 880 mètres, soit la plus haute chute d’eau exploitée au monde) jusqu’à la centrale de Bieudron. Le guide explique notamment les records de puissance de cette usine souterraine, capable de produire autant d’énergie qu’un réacteur nucléaire en seulement quelques minutes.
Autour de la conduite, on peut observer une vanne monumentale, dite vanne papillon, de plus de 3 mètres de diamètre, juste après la prise d’eau du lac. Son mécanisme comprend un disque central pivotant à 90 degrés pour bloquer ou libérer le passage de l’eau.
La conduite forcée avec la vanne papillon.

On entre directement à l’intérieur du barrage par un escalier métallique pour parcourir un réseau d’étroites galeries mystérieuses. Sublimé par des jeux de lumières colorées, ce décor souterrain s’anime grâce à la projection sur le béton de chiffres clés révélant le gigantisme de l’ouvrage.
L’entrée dans le barrage par un escalier métallique.

Le premier topo fait par la très sympathique guide.

À l’intérieur du mur du barrage de la Grande Dixence, la température reste fraîche et constante tout au long de l’année, oscillant invariablement entre 6 °C et 10 °C. Cette stabilité thermique exceptionnelle s’explique par l’inertie colossale des six millions de mètres cubes de béton et par l’effet régulateur de la masse d’eau froide du lac, qui isolent parfaitement le cœur de l’ouvrage des variations climatiques extérieures. Dans ces galeries souterraines, l’air est saturé par une humidité extrême proche de 100 %, provoquée par la condensation et de micro-infiltrations naturelles.
Les données clés du barrage sont affichées dans les galeries.

Le parcours s’intensifie ensuite avec l’ascension d’un escalier spectaculaire et très raide, doté de marches de 50 centimètres de hauteur. Cet effort physique permet de se retrouver à la frontière exacte entre l’œuvre humaine et la nature, dans l’intérieur du rocher à côté du barrage. Durant la montée, on peut voir et entendre de véritables torrents d’eau ruisseler. Loin d’être une anomalie, ce spectacle impressionnant témoigne des infiltrations d’eau tout à fait contrôlées, canalisées et mesurées en permanence entre la roche et le béton pour relâcher la pression.
Les hautes marches d’escalier.

On assiste à une projection vidéo immersive intitulée « Opération Béton », projetée directement sur les parois brutes et minérales. Cette projection a la particularité de se trouver entièrement taillée dans le rocher, à la jonction exacte entre la montagne et l’ouvrage humain.
L’endroit où le béton du barrage rejoint le rocher.

Le visiteur assiste à un extrait du film “Opération Béton”. Ce dernier a été modifié en intégrant les chiffres clés du barrage.

Le film “Opération Béton” de Jean-Luc Godard.
En fin de parcours, juste avant de regagner la sortie, la visite traverse une galerie étroite dédiée aux infrastructures du complexe Cleuson-Dixence. Sur les parois de béton, on découvre une exposition photographique et technique illustrant le gigantesque labyrinthe souterrain relié au barrage. Les clichés et schémas d’ingénierie permettent de comprendre que le mur de la Grande Dixence n’est que la partie visible d’un réseau immense s’étendant à travers plusieurs vallées valaisannes.
La visite guidée prend fin à la sortie du barrage. On poursuit ensuite la découverte du site en toute autonomie. Il suffit d’emprunter le téléphérique pour aller visiter librement le couronnement.
La vue sur le barrage juste après être sorti du barrage.

La redescente au Chargeur pour prendre le téléphérique.

Quand on se tient au pied de la Grande Dixence, on fait face à une véritable falaise artificielle de 285 mètres de haut. La base du mur est d’une épaisseur phénoménale (193 mètres), ce qui donne une impression de stabilité absolue et d’immensité. Le béton brut, patiné par le temps et l’eau, s’intègre presque au rocher gris des montagnes environnantes.
Le téléphérique de la Grande Dixence relie directement le parking et l’hôtel “Le Ritz” au couronnement du barrage, offrant une ascension sans effort d’environ 4 minutes. Équipée de deux cabines de 15 places, cette installation transporte jusqu’à 180 personnes par heure et se révèle entièrement accessible pour les personnes en chaise roulante. Elle est généralement ouverte tous les jours de début juin à fin octobre, avec des rotations continues toutes les 10 minutes.
Mis en service en 1964, trois ans après l’inauguration officielle du barrage, il a été conçu pour permettre aux visiteurs et aux ouvriers de rejoindre rapidement le couronnement du mur.
La vue sur le val d’Héremence.

On remarque que le barrage, contrairement au barrage de Cleuson, n’est pas complètement droit mais construit en 4 parties rectilignes dont une principale, au milieu.

Long de 700 mètres pour une largeur de 15 mètres, le couronnement du barrage permet d’observer le lac de Dix avec les montagnes qui l’entourent et de l’autre côté le val d’Hérémance.
La pointe de Vouasson légèrement sur la droite.

La vue sur la retenue qui s’appelle lac des Dix. Il recouvre le val des Dix, la partie supérieure du val d’Hérémence.
La vue amont du barrage. Le barrage de la Grande Dixence est généralement au plus bas au printemps et atteint son remplissage maximal en septembre. La photo est prise début août.

La vue aval sur le val d’Hérémence.

Le bar “les Choucas” propose quelques petites restaurations et boissons à côté de la gare supérieure du téléphérique.
Longue de 700 mètres, c’est une des plus longues tyroliennes de Suisse. Elle part du couronnement du barrage à l’extrémité opposée à la gare du téléphérique et longe le mur du barrage de la Grande Dixence côté aval et se termine sous les fils du téléphérique, 55 m plus bas.
Il est nécessaire de bien vérifier l’ouverture de l’activité. En 2026, les éboulements sur le versant est du barrage forcent la fermeture de la tyrolienne.
Le départ de la tyrolienne. Photo : tripadvisor.ch

La tyrolienne longe le barrage. La vitesse peut atteindre 55 km/h. Photo : lenouvelliste.ch

Les caractéristiques de la tyrolienne.

Le site de lancer de hache à l’arrivée de la tyrolienne.
Le couronnement du barrage de la Grande-Dixence (accessible à pied ou en téléphérique) s’élève à 2 365 mètres d’altitude. C’est le point de départ de magnifiques randonnées alpines.
Cet itinéraire de niveau facile, à plat, longe la rive droite (ouest) du lac artificiel et s’avère idéal pour les familles. Le chemin en terre traverse plusieurs anciens tunnels de chantier et offre une vue spectaculaire sur les eaux turquoise ainsi que sur le Mont Blanc de Cheilon au fond de la vallée (environ 1 h à 1 h 30 de marche pour l’aller simple).
Le Mont Blanc de Cheillon au milieu de l’image.

Cette superbe boucle autour du Mont Blava, de difficulté moyenne, d’environ 8,5 kilomètres, grimpe à travers les alpages jusqu’au col des Roux à 2 800 mètres d’altitude, avant de redescendre par la cabane de Prafleuri. Jalonnés de panneaux didactiques, ces paysages sauvages constituent l’un des meilleurs spots de la région pour observer des hardes de bouquetins et des marmottes (environ 3 h 30 à 4 h de marche).
La boucle depuis le sommet de la télécabine. Temps : 4 heures ; dénivelé positif : 780 m ; longueur : 11 km. Photo : Outdooractive

Le Mont Blava, sur la gauche, depuis le barrage.

Destiné aux marcheurs expérimentés et donc de difficulté élevée, ce tracé exigeant longe l’entier du lac avant de bifurquer au Pas du Chat pour s’élever sur la moraine glaciaire. L’effort est récompensé à 2 928 mètres d’altitude par un panorama exceptionnel au plus près du glacier de Cheilon (compter 4 h à 4 h 30 pour la montée).
La cabane des Dix. Photo : camptocamp.org.

Pour les amateurs de grande randonnée, le couronnement sert aussi de point de départ pour basculer vers la vallée voisine en franchissant le col de Riedmatten ou le Pas de Chèvres. Ce parcours alpin technique et de niveau difficile, qui nécessite une bonne préparation, plonge les randonneurs au cœur des itinéraires mythiques de la Haute Route.
le fameux col de Riedmatten. Photo : komoot.com

Le complexe hydroélectrique de la Grande Dixence, situé en Valais (Suisse), est le plus puissant aménagement hydroélectrique du pays avec une puissance totale de 2 000 MW. Il produit environ 2 milliards de kWh par an, ce qui représente à lui seul 20 % de l’énergie d’accumulation suisse.
Le schéma de l’acheminement de l’eau dans le complexe de la Grande Dixence. Schémas Wikimedia.org

Ce réseau colossal se compose de quatre grandes catégories d’éléments interconnectés :
Le schéma géographique du complexe de la Grande Dixence. On peut voir que la collecte d’eau pour alimenter s’étend à des dizaines de kilomètres à l’est.

Le barrage de la Grande Dixence est situé au fond de la vallée d’Hérémance, vallée latérale à hauteur de Sion dans le Valais. Il est le successeur du barrage de la Dixence, construit légèrement en amont et mis en service en 1935. Lorsque la retenue d’eau qui forme le lac des Dix est basse, l’ancien barrage est visible.
La grande Dixence sur la gauche et l’ancienne Dixence sur la droite.

Le barrage de la Dixence avait une forme arquée mais pas les caractéristiques d’un barrage-voûte comme ceux de Mauvoisin, Emosson ou de Monstalvens mais celles d’un barrage-poids. Il avait les caractéristiques remarquables suivantes :
L’ancien barrage de la Dixence au premier plan et le barrage de la Grande Dixence. Photo : i.ytimg.com

Un schéma qui montre les infrastructures liées au barrage de la Dixence. Ces infrastructures ne sont plus en service avec la mise hors service de Chandoline en 2013. Image : lenouvelliste.ch

Initié en 1942, le projet colossal de la Grande-Dixence est entré dans sa phase active de construction entre 1953 et 1961. Il aura fallu attendre 1968 pour que l’ensemble du réseau et des infrastructures connexes soient achevés, permettant enfin au complexe d’atteindre sa capacité de production d’énergie maximale.
Le coffrage du béton lors de la construction.

Ce “chantier du siècle” a mobilisé près de 3 000 ouvriers simultanément. Cette impressionnante main-d’œuvre venait non seulement des vallées valaisannes environnantes et des autres cantons suisses, mais comptait aussi une très forte proportion de travailleurs immigrés, principalement originaires d’Italie.
Une coupe latérale du barrage avec les années de construction. On remarque qu’il est de forme “semi-pyramidale” : droit côté retenue d’eau et oblique côté aval. Plus la profondeur est grande, plus la pression contre le barrage s’intensifie.

L’ampleur des travaux a mis à contribution l’ensemble de l’industrie cimentière helvétique. Pour fabriquer le béton sur place, les ingénieurs ont utilisé la roche naturelle extraite directement autour du site, tandis que le ciment était acheminé depuis la plaine grâce à un système de téléphériques spécialement conçu pour le chantier, puis démantelé une fois l’ouvrage terminé.
Le drapeau du canton du Valais flotte au niveau du Chargeur.

Aujourd’hui, une excellente route reliant la ville de Sion au barrage traverse successivement le Val d’Hérens et le Val d’Hérémence. Au-delà de sa fonction technique, la construction de la Grande-Dixence et de ses infrastructures alpines a joué un rôle socio-économique majeur en permettant le désenclavement durable de ces régions de montagne autrefois très isolées.
Le barrage de la Grande-Dixence et le lac des Dix. Photo : Wikipédia

Le barrage de la Grande Dixence est un barrage de type “Poids” où le barrage seul s’oppose à la force de l’eau. Il est le plus haut du monde dans sa catégorie et est resté pendant de nombreuses années le plus haut du monde toutes catégories. Il est d’autant plus remarquable qu’il est construit dans les années 1950, contrairement à ses homologues mondiaux construits souvent après les années 2000 et donc avec des moyens technologiques bien plus avancés.
Voici quelques chiffres marquants du barrage de la Grande Dixence :
Tambour magnétique exposé au musée des sciences de la terre à Martigny qui servit à retirer la magnétite des sables à béton de la Grande Dixence.

Culminant à 2 360 mètres, la Grande Dixence fait face à un défi de taille : son altitude restreint drastiquement son bassin versant naturel. Qu’à cela ne tienne : pour combler le gouffre de 400 millions de m³ du lac des Dix, l’homme a redessiné la montagne grâce à un réseau de collecteurs unique au monde, étalé sur 400 km².
Le barrage de Zmutt dans le district de Viège, en Suisse allemande. Photo : grande-dixenxe.

Tout commence au cœur des vallées, où quatre stations de pompage (Z’mutt et son impressionnant barrage de 74 mètres, Stafel, Ferpècle et Arolla) aspirent les eaux glaciaires. Elles les injectent dans une artère maîtresse : une galerie en pente douce de 40 kilomètres de long reliant Zermatt au lac des Dix. En hiver, le silence y règne, l’absence de fonte figeant l’écoulement dans ce tunnel si vaste qu’un véhicule peut y rouler. En été, le décor change : 350 millions de m³ d’eau transitent par ce labyrinthe de 100 kilomètres, alimenté par 75 prises d’eau connectées à 35 glaciers.
Le magnifique barrage de Cleuson et ses eaux bleues.

Ce dispositif est épaulé au nord-ouest par le barrage de Cleuson. Blotti au pied du Mont-Fort et du Mont-Gelé dans le val de Nendaz, il retient 20 millions de m³ d’eau transférés vers la Grande Dixence. Suivant le cycle de la nature, le réservoir du lac des Dix se vide jusqu’à son seuil critique en avril (moins de 10 %), avant de déborder de toute sa superbe en septembre.
Les eaux du barrage de la Grande Dixence sont turbinées par 3 usines en aval afin de profiter de la vitesse de l’eau.
L’usine de Chandoline, datant des années 1930, recevait l’eau directement du barrage et a été mise hors service en 2013.
L’usine de Fionnay dans le Val de Bagnes, 5 km en dessous du barrage de Mauvoisin. Elle turbine l’eau venant directement du barrage de la Grande-Dixence dans une galerie souterraine passant sous la Rosablanche. Après turbinage, l’eau sort dans le bassin de compensation II de Fionnay à côté du bassin de compensation I, provenant de l’eau turbinée de l’eau du barrage de Mauvoisin par une autre centrale.
Les sorties électriques de la centrale de Fionnay – Gd-Dixence. Sur la droite, le bâtiment administratif.

Très belle image depuis le chemin qui monte au lac de Louvie. Sur la gauche, le bassin de compensation de l’usine de Mauvoisin. Sur la droite, le bassin de compensation de la Grande-Dixence.
L’usine souterraine de Nendaz, dans la vallée du Rhône, reçoit les eaux depuis le bassin de compensation II de Fionnay après une chute d’eau de 1000 m et est traitée par des turbines Pelton puis rejetée dans le Rhône. Au passage, les eaux de la Fara, provenant du vallon d’Isérables, sont introduites dans la conduite forcée allant à Nendaz.
Bâtiment administratif des usines de Nendaz et Bieudron.

La fameuse usine du Bieudron, commune de Riddes, dans la vallée du Rhône, tout près de Sion, est mise en service plus récemment en 1998 et reçoit l’eau directement du barrage après une chute d’eau maximale d’environ 1880. Une nouvelle sortie dans le barrage est alors percée par une foreuse au pied du barrage.
C’est la plus haute chute d’eau du monde. L’usine du Bieudron contient 3 turbines Pelton ayant chacune la plus grande puissance d’une turbine Pelton au monde avec 423 MW. Cinq injecteurs par roue Pelton propulsent l’eau arrivant à près de 700 km/h sur les turbines d’un diamètre de 4 m 60.
Les trois roues Pelton sous les caches turquoise dans l’usine souterraine de Bieudron. Photo : Pinterest

Les usines du Bieudron et de Nendaz sont contiguës et souterraines à environ 200 m du bâtiment administratif à l’intérieur de la roche. La canalisation entre le barrage et l’usine est entièrement souterraine et gainée par des tubes en acier.
L’usine de Chandoline est mise hors service en 2013. Elle avait été construite pour le premier barrage de Dixence dans les années 1930.
L’usine de Chandoline avec ses conduites forcées. Cette centrale est mise hors service en 2013.

Les conduites forcées qui descendent à l’usine de Chandoline.

La gestion du complexe de la Grande Dixence est répartie entre deux entités distinctes : la propriété financière d’un côté, et l’exploitation technique sur le terrain de l’autre.
Le siège de la société Grande Dixence SA à côté de la gare de Sion.

L’accident du 12 décembre 2000 n’est pas une rupture du mur du barrage de la Grande Dixence lui-même, mais la rupture de son puits blindé (la conduite forcée souterraine) de Cleuson-Dixence, située sur la commune de Nendaz en Valais. C’est l’une des plus graves catastrophes de l’histoire hydroélectrique suisse.
Juste après l’arrêt des turbines de la centrale de Bieudron, l’acier du puits blindé (situé sous terre à 1 240 mètres d’altitude) se déchire brusquement sur 8,5 mètres de long.
Sous l’effet d’une pression colossale (environ 100 bars), plus de 27 000 m³ d’eau sous pression jaillissent de la montagne en un geyser de 50 mètres de haut. L’eau sature instantanément le flanc de la montagne, déclenchant une coulée de boue et de roches dévastatrice qui dévale le coteau vers la plaine du Rhône.
Une photo prise peu de temps après l’explosion de la conduite forcée. Photo : lenouvelliste.ch

Les expertises ont révélé un phénomène alors mal maîtrisé par les ingénieurs de l’époque : la corrosion sous contrainte. Le puits, inauguré seulement deux ans plus tôt en 1998, présentait des défauts de soudure. Des microfissures non détectées ont cédé sous l’effet de la pression, possiblement accentuée par un « coup de bélier » (surpression) lors de l’arrêt des turbines.
Une vidéo YouTube retrace les opérations de réparation.
Après une longue bataille juridique, la “justice” a condamné deux personnes pour homicide par négligence :
Les frais de justice se sont élevés à plus de 3,3 millions de francs.
La vue depuis le barrage. La vue sur le val d’Hérémence et les montagnes valaisannes de la rive droite de la vallée du Rhône qui font la frontière avec le canton de Berne.

La vue sur le lac des Dix depuis la galerie de la route sur la rive gauche.

Les cartes géographiques de l’administration fédérale qui permettent de se rendre compte de l’évolution du val de Dix.
Carte de 1933. Il n’existe aucun barrage.

Carte de 1940. Apparition du barrage de la Dixence.

Carte de 1963. Apparition du barrage de la Grande-Dixence.

Une vidéo en drone sur le barrage.
Une vidéo de la visite de l’intérieur du barrage.
Webcam dans la ville de Nyon.
Activités dans la région d’Hérens
Activités dans le canton du Valais
Barrages en Suisse romande
Tyroliennes en Suisse romande
Lacs du Valais central