Sommaire
Les mines de sel de Bex sont un site souterrain unique en Suisse où l’on extrait du sel depuis le XVIIᵉ siècle. Situées dans les Alpes vaudoises, elles constituent aujourd’hui la dernière mine de sel encore en activité dans le pays.
Elles forment un vaste réseau de plus de 50 km de galeries creusées à l’intérieur de la montagne. Le sel y est obtenu en dissolvant la roche avec de l’eau pour produire de la saumure, puis en récupérant les cristaux après évaporation.
Les mines se visitent et offrent une expérience immersive : les visiteurs prennent un petit train pour entrer dans la montagne, puis découvrent à pied les galeries, les anciennes installations et les techniques modernes d’exploitation. Elles représentent à la fois un site industriel actif, un lieu touristique et un important patrimoine historique lié à l’exploitation du “sel”, autrefois appelé l’or blanc.
Le train utilisé pour entrer dans la mine.

La visite d’une salle de la mine avec les commentaires d’une guide.

Plusieurs parkings sont disponibles à côté de la réception des mines de sel de Bex.
Tout d’abord, il ne faut pas oublier de réserver sa visite sur le site web des mines de sel de Bex. Ceci n’est pas obligatoire, mais permet d’éviter de venir pour rien en cas de forte affluence. Les visites s’effectuent uniquement avec un guide, par ailleurs plutôt sympathique et connaissant bien son sujet, et ont lieu cinq fois par jour. Elles prennent environ deux heures et sont adaptées à tous les âges. Veuillez vous référer au bas de la page pour le détail de la visite.
Le prix des entrées est le suivant :
Rouvertes au public en 2018 après plus d’une année de travaux, les mines de sel de Bex ont bénéficié de l’agrandissement du parcours ferroviaire pour augmenter et faciliter le débit des visiteurs et, en fin de visite, de la création d’une unité de production de sel artisanal et de la dégustation de caramels mous au sel des Alpes.
La visite, qui débute par le visionnage d’une vidéo sur l’histoire des mines et la production du sel, permet de se rendre compte de l’immense travail effectué par les mineurs au cours des siècles tout d’abord à l’aide d’outils rudimentaires puis, avec différents types de machines. Le petit train grinçant que l’on emprunte pour accéder à l’intérieur de la mine plonge le visiteur dans l’univers des mineurs.



























Un document très détaillé “De A à Bex” donne des explications sur les mines de Bex.
Au début de la visite des mines de sel de Bex, on apprend que tout le sel récolté sur Terre est d’origine marine, y compris celui de Bex, car il y a plusieurs centaines de millions d’années, l’océan recouvrait la région et après son retrait, le sel est resté piégé dans la roche.
Le rinçage de la roche permet d’obtenir un mélange d’eau et de sel, la saumure. Cette dernière est amenée dans la saline où le sel est produit par chauffage de la saumure pour faire évaporer l’eau. L’énergie de chauffage utilisée est d’abord le bois, puis le charbon et enfin, aujourd’hui, l’énergie électrique produite grâce à une centrale hydroélectrique sur le ruisseau l’Avançon.
Les méthodes d’extraction de la saumure et du chauffage vont se perfectionner au fil des années avec notamment la dessalaison de la roche sur le lieu d’extraction vers 1860 et le procédé dit de thermocompression inventé en 1877 et toujours utilisé de nos jours, qui permet de limiter l’énergie utilisée pour évaporer l’eau.
De nos jours, le rinçage de la roche se fait par injection d’eau dans le rocher, la saumure redescend par gravité.

La saline de Bex, située à quelques kilomètres de l’entrée touristique des mines. Photo Wikimedia Roland Zumbuehl.

L’histoire du sel dans la région de Bex débute il y a plus de 500 ans avec la découverte de rivières dont on s’aperçoit qu’elles contiennent du sel dès le 15ᵉ siècle. Au milieu du 16ᵉ siècle, les premières mines sont creusées dans la région de Bex-Aigle avec celle du Panex en 1534. Aujourd’hui, une seule grande mine, la mine de Bévieux, créée en 1680, est toujours en activité. C’est cette mine qui est ouverte au public et connue sous le nom de “mines de sel de Bex”.
L’histoire des mines de sel de Bex est intimement liée au canton de Berne. En effet, depuis 1475, la région stratégique d’Aigle dont fait partie Bex est occupée par Berne à la suite de la victoire de la Confédération suisse au cours des Guerres de Bourgogne. En 1536, Berne envahit l’entier du Pays de Vaud et va y rester jusqu’à la fin du 18ᵉ siècle avant d’être remplacée par le tout nouveau canton de Vaud.
La mine de Bex est gérée par le canton de Vaud jusqu’en 2002, date à laquelle elle est privatisée. Finalement, en 2014, elle est intégrée au groupe Salines Suisses qui comprend les autres salines de Suisse et qui produit 600 000 tonnes de sel par an, dont la moitié est utilisée pour le salage des routes.
La mine de Bex emploie encore actuellement une cinquantaine de personnes après en avoir employé plus de 350 au cours du 19ᵉ siècle et il s’agit de la seule mine encore en exploitation en Suisse.
Cristaux de gypse provenant de la mine de Bex exposés au musée des sciences de la terre à Martigny.

Beaucoup de mines de sel en Europe ont fermé leur porte au 20ᵉ siècle, ce qui n’est pas le cas pour celle de Bex qui est toujours en activité même si elle fut menacée de fermeture plusieurs fois au cours de son histoire. Elle reste confrontée aux problèmes de rentabilité dus au coût de l’extraction de la saumure dans la mine ainsi qu’au coût de l’énergie nécessaire à l’évaporation de l’eau. Les autres salines en Europe et en Suisse peuvent également tirer les prix du sel vers le bas.
Une intéressante carte indique les mines en activité en Europe. Photo : salz.ch

À noter qu’il est possible, à l’intérieur des mines de sel de Bex, de louer le restaurant et de faire des trekkings accompagnés d’un guide pour une découverte plus en profondeur. La réception propose différents produits à acheter liés au sel.
Une vidéo sur la visite des mines
Une autre vidéo sur la visite.
View this post on Instagram
Activités dans la région d’Aigle
Activités dans le canton de Vaud